Où l’avide environne

oulavide
Introduction et traduction de Fernand Verhesen
16 x 24 cm
50 pages
4 exemplaires sur Vélin de Rives : 60 €
296 exemplaires sur Da Costa : 15 €
ISBN 978-2930231-87-7
Parution : 1974
Épuisé
LA PETITE VOYAGEUSE

Il est aussi vain de situer Alejandra Pizarnik dans le contexte de la poésie argentine que de lui imposer quelque rapport « littéraire » avec ses contemporains. Non point qu’elle fût hors du temps ni en deçà des réalités de la vie, mais les seules ouvertures qu’elle se ménageât sur les êtres le furent à une profondeur telle qu’elle ne se lia aux « autres » que par le désir et la volonté, si peu communes, de percevoir ce qui demeure, au fond de la tendresse humaine, lorsque la vie a dépouillé l’être de tout ce qui masque son identité essentielle. Que reste-t-il alors, sinon quelques rares amis (Juan Liscano, Roberto Juarroz, notamment) et une certaine intelligibilité de la vie que permet l’affrontement du rien, du néant, de la mort ?
Alejandra Pizarnik s’est suicidée dans la nuit du 24 septembre 1972. Elle était née en 1936 près de Buenos Aires.
Entre l’enfance et la mort — ses deux obsessions —, Alejandra Pizarnik n’a trouvé pour les unir que cette petite phrase musicale qu’évoque un de ses poèmes, et qui sans doute est plus qu’un poème, toute la poésie.
« Un lieu d’absence / un fil de misérable union » (« Frontières inutiles »). Ainsi peut être dite l’intégrité d’un être qui se fonde, sans l’expliquer, en ce non lieu révélé par le seul, et paradoxal, signe du silence, c’est-à-dire par le poème : « J’ai toujours désiré un silence parfait. C’est pour cela que j’écris. » (Entretien d’A.P. avec M. I. Moia, publié après sa mort, Zona franca, II, n° 16, déc. 1972.) — « Même si je dis soleil, lune, étoile, je me réfère à des choses qui m’arrivent. Et que désirais-je ? / Je désirais un silence parfait. / C’est ainsi que j’écris » (« Chemins du miroir »).

Extrait d’une étude de Fernand Verhesen