Trois poèmes

blanc

S’il faut écrire
pour être naturel
alors j’ouvre les ailes
comme un éléphant
aux grandes oreilles
et demande au nuage
en feuilles chiffonnées
d’effacer de ma nudité
les miroirs qui se brisent

                  *

Un cœur toujours infâme
en forme de rectangle
qui saignerait par plaisir
sous les abeilles d’une mitraillette
parce que leur miel est pur
comme le silence du ciel
ce serait là mon livre
si j’avais pu l’écrire
dans le matin de l’éternité

                  *

Si je devais écrire sur la vie
je le ferais avec une sauce au curry
sur le tee-shirt d’une adolescente
et mes instincts de porc alors
seraient un rien indiens
plus sacrés qu’une vache
dont le lait ne nourrit plus les rois mages
depuis qu’ils sont touristes
au pied d’un gratte-ciel

 

                                       Hubert Antoine

 

Extraits d’un recueil en préparation © Hubert Antoine, 2015.